Etes-vous libres ?

Etes-vous libres ?
Esclaves et serfs naguère appartenaient à d'autres hommes en toute légalité. Depuis, des lois ont aboli cet état de dépendance corporelle sans toutefois garantir la liberté de tout un chacun. En effet, les moyens de subordination restent multiples et variés. Les contrats d'abord, les prêts ensuite sont autant de liens qui inféodent les uns aux autres. Généralement consentis en commun accord, ils dépassent souvent le cadre global des conventions initiales pour déboucher sur des conséquences non évoquées qui s'imposent. Ce qui au départ devait être un tremplin pour le bien-être du contractant se transforme parfois en cauchemar tant les avenants deviennent sources d'ennuis et de tracas. Un remboursement difficile, des rapports professionnels tendus, un ménage qui bat de l'aile, les signes de discorde sont nombreux.
La voiture hier décrite comme l'expression d'une liberté devient peu à peu un lourd boulet que vous trainez au pied. Le détenu reste certes libre de mouvements mais sous contrôle judiciaire. La route tue, la marge de vos man½uvres est étroite et l'étendue de votre horizon n'en est plus limitée que jamais.
Dans ce canevas, qu'est-ce qu'être libre ?
Avoir de l'argent pour se payer ce que l'on désire au moment voulu ? En tout cas, le pouvoir d'achat peut y souscrire. La condition, si elle est nécessaire, n'en reste pas moins insuffisante car celui qui n'a rien peut se sentir totalement libre. Un ermite, un moine tibétain voire un isolé peut malgré sa position économique démunie vivre en pleine quiétude. Il n'y a pas que la paix spirituelle qui permet l'évasion corporelle mais aussi la manière d'être qui transcende l'esprit et libère le corps. Pour se faire, il faut couper les liens disgracieux qui aliènent l'homme au point de le couler sous le poids des obligations et autres dettes.
Faut-il pour cela être en marge de la société ? Si le repli sur soi est utile, la retraite n'est pas nécessaire. La liberté est un art de vivre et non une doctrine à adopter. Elle n'a pas de règles, juste un mode de fonctionnement. Celui d'agir en pleine harmonie avec ses aspirations, en totale conformité avec l'environnement que l'on s'est choisi. Ce dernier élément est fondamental puisqu'il définit le contexte qui bon gré mal gré vous déterminera votre champ de man½uvre. Selon vos interactions et leurs épanouissements vous obtiendrez un niveau de liberté conséquent, son ampleur sera en fonction du degré des relations obtenues et de leur dépendance. Ce critère est purement personnel, il résulte de votre propre échelle des valeurs. A partir de quoi tout devient relatif et la liberté atteinte puisque vous n'aurez plus besoin de la chercher pour vous sentir heureux. Alors, mais alors seulement vous êtes libres.

# Posté le jeudi 25 décembre 2008 07:04

Modifié le jeudi 25 décembre 2008 07:20

De Piaf à Brel,

De Piaf à Brel,
De Piaf à Brel,

C'est l'espoir qui est chanté. Des guerres du XXe, il devait naître un univers chatoyant. La reconstruction apporta dans les demeures espoirs et enthousiasme. Plus jamais, l'homme ne devait mourir atrocement. Plus sur terre en tout cas, pas en Europe du moins, enfin, jamais comme à Verdun. Hier, sur la nationale, une voiture s'enroula contre un poteau indiquant le chemin du Fort de Vaux. Résultat, trois jeunes sont morts.

Je piaffe d'impatience en écoutant Brassens à défaut d'entendre du belge. Il faut dire, que là-bas, les temps sont durs, ils se chamaillent pour des queues de cerise. A force de vouloir couper les cheveux en quatre pour des bouts de chandelle, personne n'arrive à rien. L'échec est le lourd fruit d'une christianisation alambiquée. L'hydromel à la sauce trappiste.

Au bout du monde certains voient noir. Alors qu'il y a plus de vingt temps déjà, Johnny chanta « noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoirs », un remake américain qui fit les beaux jours de nos jukebox, une technologie d'outre-Atlantique débarquée comme le reste sur nos plages, histoire de faire chanter nos jeunes. La libération, un leurre de plus.

Il faudra que Lucky Luke perde sa cigarette à la bouche, afin de sortir un brin d'herbe salutaire et sauver l'honneur des uns au mépris des autres. Le temps changea de mode mais le système restait coulé dans du plomb. Aujourd'hui, le système chavire comme le Titanic naguère, déclaré pourtant insubmersible. Quel bonheur dégage nos chanteurs ? Les uns interprètent des reprises, tandis que les autres pleurent sur leur sort, dérapant sur des mélodies pleines de nostalgies. Où sont loin les neiges d'antan ?

J'aime Piaf. Je suis sensible à Brel car je les comprends. Certes, j'apprécie les mélodies d'un soul langoureux, mais à peine la musique éteinte que j'en ai oublié l'essence même des paroles. Dehors, des gens fredonnent les chansons d'hier juste pour le plaisir de revivre un peu car ils en ont retenu les paroles. Tout un art d'être en harmonie avec soi

# Posté le samedi 15 novembre 2008 05:48

Attention chute d'actions.

Attention chute d’actions.
Voilà pour éviter de tomber dans le panneau, une manière de sortir la tête haute d'un marasme économique certain car les soubresauts actuels ne sont des les signes avant-coureurs d'une dégradation majeure de notre cadre de vie. L'accident du 11 septembre déjà par la destruction d'un symbole ébranla la confiance en un système omniprésent. Le libéralisme outrancier vacillait sur ses bases. Depuis les coups de semonce se font de plus en plus ressentir au point de faire tremble la terre entière.
Aujourd'hui, c'est un mode économique qui perd de son crédit, hier faut-il le rappeler, c'était le communisme qui fut battu en brèche par la chute du mur de Berlin. Les systèmes du passé devenant obsolètes face aux impératifs nouveaux tels que l'environnement, la hausse démographique et le bien-être. Les défis de demain ébranlent les méthodes vétustes du passé. Et c'est vrai que nous risquons de perdre beaucoup, mais l'avenir passe peut être par ce prix. Pouvait-on tolérer autant d'inconscience dans le chef de financiers qui se jouaient du temps pour de plantureux profits sans qu'ils n'aient à transpirer alors que la valeur du travail restait pour beaucoup d'entre-nous la seule récompense ? La différence devenait indécente. Oui ! Que l'édifice s'écroule emportant les temples d'un pouvoir odieusement à la merci de l'argent afin de pouvoir bâtir des relations durables sur des bases meilleures, voilà un challenge séduisant.

Les plus avertis sauront tirer profit en bénéficiant de l'erreur des autres. Je ne serai pas parmi eux car mes valeurs ne sont pas vénales mais bien affectives. C'est par le partage de mon espace de vie que je peux obtenir le bonheur espéré, sans quoi, je pourrai être le plus riche du monde, il me manquerait toujours quelque chose.
Si je gravis une montagne c'est pour en faire partager mon bonheur, sinon hormis l'exploit sportif personnel à quoi l'effort aurait-il servi ? Pareil pour une émotion, une aventure, une découverte. Sans sa publication, sans sa diffusion ou tout simplement son partage cela n'aurait guère de sens. C'est pourquoi je suis heureux que le cours de l'histoire retombe sur terre. Il y va de notre avenir et des générations à venir. Un investissement qui ne peut souffrir d'aucune spéculation puisqu'il y va de nos enfants. Enfin faut-il encore en avoir et les élever dans la dignité humaine ? Mais cela c'est un autre débat.

# Posté le mardi 14 octobre 2008 14:32

Modifié le mardi 14 octobre 2008 14:43

La littérature, l'âme au féminin.

La littérature, l’âme au féminin.
Alors que l'objet est purement masculin, le livre, le bouquin ou l'ouvrage au contraire le contenu est spécifiquement féminin, les lettres les lignes, les phrases comme si l'essence même de la littérature se devait d'être maternelle. En accouchant de son inspiration l'auteur ne fait qu'émettre une émotion féconde en intensité qui crie son désarroi devant la lumière du jour. En écrivant noir sur blanc aventures et émois, il libère son for intérieur qui enroulé tel un f½tus se déploie de tout son long pour une mise en page des plus éloquentes. Les mots prennent alors force et caractère selon la propre enfance de l'écrivain et bien naturellement de ses rapports avec sa nourrice ou mère. L'allaitement au sein donnera au verbe une douceur non feinte tandis que le manque de tendresse irritera l'interlocuteur qui abordera plus tard les thèmes de castration.
La rondeur des jeux de mots donne tout le sens profond aux sous-entendus, la beauté des phrases enrobe le corps dans un drapé de suggestion qui séduit le lecteur à la recherche de sa muse. Oui, l'écrivaine n'écrit pas en vain car en chacun de nous existe une part de féminité qui fait la part belle aux textes.

# Posté le mardi 12 août 2008 05:47

Modifié le samedi 16 août 2008 15:08

Chère vie, l'envie de tous les temps.

Chère vie, l'envie de tous les temps.
La vie est chère.

Qu'est-ce que cela signifie ? D'abord, le prix des choses n'a pas la même valeur pour tout le monde. Là-bas, au loin, des familles dépensent un dollar par jour pour se nourrir alors que d'autres vont au restaurant. Ensuite, il y a le fruit du travail. L'entreprise se doit d'être récompensée pour ses efforts et prises de risques. Il n'en va pas de même pour les oisifs.
La différence est notoire. Enfin, c'est ce que les Occidentaux pensent car personne n'imagine la situation autrement.
Depuis la nuit des temps, il y eut des riches et des pauvres, un partage qui s'impose comme une suite logique, la rançon d'un monde en mutation. L'évolution des techniques bouscula les m½urs apportant avec elle son lot de changements dans les modes de vie interférant sur la manière d'être et les rapports entretenus de chacun. L'adaptation sera fulgurante imposant son chapelet de remises en question. La société a effectivement subi ces dernières décennies de nombreux bouleversements, renfermant les gens dans leur tour d'ivoire. Pris au piège, ceux-ci perdirent leurs points de repères, oubliant racines et attaches pour sombrer dans la mélancolie.
Erreur fatale. Jeunes et pleins d'espoirs, ils pensèrent devenir leur propre guide afin de connaître l'essor espéré loin des heurts et malheurs de leurs parents. L'aventure sera de courte durée. L'isolement les fragilisant à l'extrême, ils s'essoufflèrent très vite.
La course au bien-être se payera au prix fort, les décrochages se multiplièrent. En conséquence, aujourd'hui, le lot des défavorisés est dominant dans le peloton. Seuls les meneurs peuvent prétendre suivre le rythme infernal des augmentations des biens de consommation, tous les autres sont distancés. La montagne joue son rôle de juge de paix. La sélection est impitoyable, les plus faibles lâchant prise très tôt tandis que les autres s'accrochent pour aller jusqu'au bout de leurs forces, juste un répit.
La diminution des ressources allant de pair avec une croissance démographique galopante, l'augmentation des coûts devient inévitable. C'est la loi de l'offre et de la demande. L'échelle des valeurs est revue et corrigée sans cesse par le pouvoir économique en place, faisant fi des souvenirs et émotions trop immatériels que pour être inventoriés. L'objet du contrat c'est l'échange d'un service ou d'un bien de quelque nature qu'il soit. Le montant de la transaction sera en rapport direct avec l'importance attribuée au transfert. Et c'est ici qu'interviennent les diverses manipulations à des fins purement spéculatives. La rareté est entretenue car elle positionne le produit comme incontournable. L'acheteur s'il veut acquérir l'objet de ses désirs dépend alors du bon vouloir du vendeur. Celui-ci n'a pas le choix.
Fustigés par la publicité, les besoins dans le monde moderne deviennent non seulement nécessaires mais indispensables. Ce n'est plus une condition de survie mais d'existence en ce sens que l'homme moderne ne peut plus s'exprimer autrement qu'au travers cette mode. L'apprentissage a développé une multitude d'accessoires et autres artifices qui habillent afin de paraître au mieux des convenances. Une facilité qui trompe.
« L'habit ne fait pas le moine » trouve de nos jours un écho nouveau, celui du leurre. Car pour convaincre, tous les moyens sont bons. Le machiavélisme à outrance. A ce jeu de dupe, le quotidien sonne faux. A force de se maquiller pour faire illusion, l'être se perd dans les dédales du rêve, ne devenant que le spectre de lui-même, un pâle reflet d'une image de son temps. Dorénavant, il n'existe plus comme tel. Repris sous un numéro matricule, parfois avec un indice de performance, il est fiché numériquement. Réduit à un code à barre.
Dans ces conditions, il est évident que les échanges commerciaux flirtent souvent avec l'éthique car le profit n'a pas de limites. Il est une faim en soi.
Comme l'appétit vient en mangeant, la recherche du gain devient alors le leitmotiv de toute une série de marchands de tapis qui profiteront de la situation pour améliorer leurs bénéfices, coûte que coûte.
« Dans les affaires, pas de sentiment ! » « A l'assaut, pas de quartier ! »
La démarche est identique, seul le contexte diffère, donnant l'impression aux premiers d'être dans un monde civilisé alors que les méthodes sont à la fois fermes et brutales, dignes des autres. Qu'est-ce qui les différencie ?
Je laisse la réponse en suspens car en ce qui me concerne ce qui est cher pour moi, c'est l'amour des miens et de mes porches. Ceux-là même qui dans la tourmente jettent un regard compatissant au voisin et leur tendent la main par fraternité. Le reste n'est qu'argent.

# Posté le vendredi 06 juin 2008 11:53