La voiture hier décrite comme l'expression d'une liberté devient peu à peu un lourd boulet que vous trainez au pied. Le détenu reste certes libre de mouvements mais sous contrôle judiciaire. La route tue, la marge de vos man½uvres est étroite et l'étendue de votre horizon n'en est plus limitée que jamais.
Dans ce canevas, qu'est-ce qu'être libre ?
Avoir de l'argent pour se payer ce que l'on désire au moment voulu ? En tout cas, le pouvoir d'achat peut y souscrire. La condition, si elle est nécessaire, n'en reste pas moins insuffisante car celui qui n'a rien peut se sentir totalement libre. Un ermite, un moine tibétain voire un isolé peut malgré sa position économique démunie vivre en pleine quiétude. Il n'y a pas que la paix spirituelle qui permet l'évasion corporelle mais aussi la manière d'être qui transcende l'esprit et libère le corps. Pour se faire, il faut couper les liens disgracieux qui aliènent l'homme au point de le couler sous le poids des obligations et autres dettes.
Faut-il pour cela être en marge de la société ? Si le repli sur soi est utile, la retraite n'est pas nécessaire. La liberté est un art de vivre et non une doctrine à adopter. Elle n'a pas de règles, juste un mode de fonctionnement. Celui d'agir en pleine harmonie avec ses aspirations, en totale conformité avec l'environnement que l'on s'est choisi. Ce dernier élément est fondamental puisqu'il définit le contexte qui bon gré mal gré vous déterminera votre champ de man½uvre. Selon vos interactions et leurs épanouissements vous obtiendrez un niveau de liberté conséquent, son ampleur sera en fonction du degré des relations obtenues et de leur dépendance. Ce critère est purement personnel, il résulte de votre propre échelle des valeurs. A partir de quoi tout devient relatif et la liberté atteinte puisque vous n'aurez plus besoin de la chercher pour vous sentir heureux. Alors, mais alors seulement vous êtes libres.
