Rencontre de soi

Rencontre de soi
Ou comment tisser un fil de soie qui nous relie au monde ?

Le net n'est que l'écho de l'âme, le reflet d'un état d'esprit ni plus ni moins. L'écran n'est jamais que l'image de soi, si les mots trompent l'esprit de la lettre c'est parce qu'au départ, l'être n'est pas clair dans sa tête. On ne triche pas avec la vie. S'afficher aux quatre coins du monde procure l'illusion d'exister, créant certes plus de possibilités de rencontres qu'initialement mais la technique s'arrête là, au pied de vous car au moindre regard devant le miroir, c'est vous qui êtes mis à nu. Et là, le résultat risque d'être fort différent sinon frustrant qu'oser se regarder c'est faire fi de ce que l'on à voulu croire ou faire croire si longtemps à soi-même et aux autres. Le miroir aux alouettes, par excellence !

Avant de questionner le net, avant de prendre pied sur terre, oui avant tout, interrogez la glace.
Si j'utilise les moyens modernes d'informations, c'est d'abord pour me découvrir et ensuite m'ouvrir aux cultures d'étrangères, une forme de rencontres au-delà des horizons traditionnels, une manière de vivre libre et sans limites. A partir de quoi, l'adulte trouve le consentement pour son épanouissement. L'homme peut alors approcher la femme et vice versa car l'émotion se partage et les passions s'entremêlent. De l'union apparaît ensuite la fusion des corps. C'est toute la beauté d'une alchimie universelle.

# Posté le samedi 10 mai 2008 05:33

L'écho des brumes.

L’écho des brumes.
A la sortie d'un hivernage relativement long, l'auteur de ce blog ne pouvant être présent sur tous les fronts en même temps, a dû amèrement faire un choix. Le silence qui en résulta s'inscrit en droite ligne avec ce souci majeur, à savoir garder le cap malgré l'adversité et les bourrasques subies. En effet, avant d'écrire pour son plaisir, il convient de maintenir à flot santé et affaires courantes. Or, si l'hiver fut peu froid, il n'apporta guère de chaleur tant les éléments parurent tourmentés dans son hémisphère.
L'ennui des tracas, c'est qu'ils amenuisent votre marge de man½uvre en réduisant à néant toute inspiration. La chanson est connue, sans muse, il n'y a plus d'amusement.
Ce ne fut pas pour autant l'hibernation puisque dans le creux de la vague, le poète a revu ses classiques, retravaillant à fond de cale un roman qu'il espère pouvoir présenter fin d'année aux maisons d'édition. Une échéance voire un verdict de plus, un peu comme l'élève attend le résultat de son bulletin scolaire. Est-ce que je serai reçu ?
En tout cas, il aura pris bonnes notes des attendus précédents et remis sur l'ouvrage plus d'une fois le texte afin que le manuscrit n'attente plus qu'une signature pour que sa métamorphose soit complète. Il est temps que le livre prenne son envol.
Alors quoi ? Vous voulez en savoir plus. Et bien non. Pas un mot. Le secret le plus total sera gardé. Contrairement à l'enthousiasme de l'artiste heureux de son art, je vais me contraindre dans un mutisme absolu jusqu'à ce que le livre apparaisse. Sans publication ni diffusion, les écrits meurent dans leur cocon faute de lumière et de passion. La lecture seule peut lui donner vie. Non seulement, je me tairai sur le sujet mais également vis-à-vis des éditeurs je ne donnerai aucune explication autre que le roman lui-même. Toute profusion peut nuire.
Voilà, le brouillard se lève. Avec le printemps, le noir et blanc prend des couleurs et une page se tourne. Vive le prochain roman. J'entends déjà les mots sauter du clavier pour se refugier dans une forêt de lettres en pleine page ouverte. Ciel ! Les arbres sont nus. Il me faudra donc attendre d'autres feuilles pour que ma sève verdisse à la photosynthèse de mes pensées.
Un vrai travail de saison.

# Posté le samedi 05 avril 2008 12:21

Comment l'exprimer ?

Comment l'exprimer ?
Naguère, la plume glissait quelques mots doux sur une feuille blanche que l'on postait pour son destinataire sachant pertinemment bien que la lecture produira l'effet escompté. Les formes du langage ayant évolué, la lettre d'aujourd'hui manque singulièrement de caractère. Tapées uniformément, de style emprunté, les missives correspondent à des formats types qui vous renvoient à une formulation standardisée. Dans ce schéma, les communications se banalisent et les abréviations se suivent selon un code. La grandeur du verbe en pâlit tant les leçons de littérature font désormais école buissonnière.
De nos jours, les messageries échanges sur-le-champ les impressions du moment quelles qu'elles soient pourvu qu'elles fassent bonnes impressions à défaut d'être élégamment énoncées. Fini la calligraphie, le manuscrit a été remplacé depuis belle lurette par le numérique qui sans fioriture ni enluminure reproduit le texte aussitôt au bout du monde. L'impact est immédiat, le contact pas toujours franc n'en reste pas moins direct, seul l'anonymat qui se cache derrière l'avatar perturbe le dialogue. Sous le masque, les vérités sont trompeuses car déjà la parole a l'art d'enrober les mots pour dire autrement les choses. Tout une manière de paraître différent, plus convenant voire même agréable. La réalité hélas est souvent différente sauf pour ceux et celles qui se connaissent bien et par conséquent maîtrisent leur langue. L'expérience leur a appris à savoir manier les finesses d'un comportement qu'il assume pleinement. Dans ces conditions, la rencontre se fera sous de bons rapports. Un enjeu qui vaut le détour. Alors quels sont vos desiderata ? Vous voulez en parler... Je suis à vous.

# Posté le samedi 20 octobre 2007 05:30

Modifié le samedi 20 octobre 2007 05:41

L'insuffisant « copier-coller ».

L’insuffisant « copier-coller ».
Parce que les usages donnent raison aux modes, les affaires en cours se réfèrent par conséquent aux classiques du genre quitte à imiter ce qu'il se fait de mieux ailleurs. Cet alignement résulte d'un intérêt économique évident, à savoir prendre des parts de marchés au mépris de la qualité offerte. La réplique produite répond finalement plus à l'opportunité mercantile qu'à une demande proprement dite. Cette uniformisation de l'offre résulte d'une mondialisation où l'on échange aussi bien des légumes que des ½uvres d'art ce qui ne pose pas de problèmes quand il y est question du matériel pur mais bien s'il en émane une idée particulière. L'expression étant liée aux spécificités d'un créateur, sa libre circulation restera dépendante à sa compréhension au travers les cultures.
L'emballage d'un article doit seulement répondre à des critères standards qui garantissent le produit contenu tandis que le message reçu d'un média quel qu'il soit impose une acceptation sociale du client. L'écoute d'un disque, la vision d'un film ou encore la lecture d'un livre sont autant de flux de données qui suscitent une réaction en chaîne. L'idée est d'abord porteuse de questions. La réflexion qui s'ensuit interpelle les consciences et influe sur le comportement ultérieur qui avalise ou non le concept initial en cataloguant le besoin comme essentiel ou superflu. Là, s'exerce un jeu de dupe important puisque les publicistes créent de toute pièce votre future dépendance par l'artifice de techniques des plus redoutables.
L'omniprésence d'une affiche comme la diffusion répétée d'un thème ou d'une image transforme la suggestion en désir au point que sa non-réalisation est synonyme de frustration.
La force d'impact d'une annonce commerciale est phénoménale puisqu'elle transfère l'information en besoin, rendant quasiment nécessaire son achat ou adhésion. Le tout étant d'être connu. Le point d'orgue est là. Il faut un événement à grande échelle pour frapper suffisamment l'esprit des consommateurs.
Peu importe l'emballage pourvu que l'on en parle. Voilà en résumé le leitmotiv des états-majors. Nos sociétés répondent au plus vite aux lois du marché plus préoccupées des retombées financières que sociales et humaines. C'est clair, la culture est le parent pauvre des ministères en place.
Que nos télévisions imitent les séries américaines pendant que tel éditeur traduit des ouvrages d'outre-Atlantique n'émeut personne parce que momentanément rentable. Evidemment, la qualité en souffre par manque d'innovation mais aussi et surtout d'originalité. Souvent cela ne colle pas avec notre réalité car historique incorrect. Les m½urs ne sont pas les mêmes, les idéaux n'ont plus, bref, il n'y a pas adhésion parfaite. La perte d'écoute se traduit aussitôt par un manque à gagner dans les chiffres. La sanction est immédiate, le public qui renonce par son repli devient moins malléable à l'avenir ce qui diminue les marges de man½uvre réduisant à la fois marchés et prix.
Pour pallier aux risques, certaines émissions de téléréalités sont lancées à grands frais et matraquages afin de raccrocher un taux d'audimat vital. C'est le seuil de rentabilité, la ligne de flottaison de tout le système. Il n'y a pas d'alternatives.
En littérature, les professionnels du secteur enfoncent des portes ouvertes car la pensée doit être avant tout oisive et non dissipatrice. Il convient d'endormir les consciences plutôt que de l'animer dans des voies peu consensuelles, partant dangereuses. En mettant hors la loi les auteurs trop virulents ou en marge de leur ligne éditoriale, fidèle reflet de la société, ils cautionnent l'état des faits en réduisant la vente de leurs livres à la seule couverture. Au fond, l'histoire d'un roman importe peu, quant à la forme, les techniciens de l'ombre en corrigent aisément les faiblesses, ce qui compte finalement, c'est ce que les gens en penseront avant de le lire, pas après. Le but étant de leur faire acheter. Les critiques sont la plupart du temps inféodés au système, ils jettent ici et là de l'huile sur le feu pour entretenir des flammes suffisantes.
C'est ainsi. Pour le dénoncer, il faudrait crier plus fort que les autres et se faire entendre. Finalement, utiliser leur méthode pour finalement entrer dans la danse.

# Posté le mardi 02 octobre 2007 14:06

Modifié le mercredi 03 octobre 2007 00:44

Nouvelle : Le moi perdu.

Nouvelle : Le moi perdu.
Un nouveau fléau frappe. Alors que la science et les progrès technologiques devaient améliorer notre bien-être, c'est l'inverse qui se produit. Jamais, les populations n'ont été ainsi mises en péril. Cancer, sida et peste aviaire, mais aussi stress et autres déchéances d'ordre psychologique guettent n'importe qui. Avec l'insécurité croissante, le danger est partout. Dans ce marasme, le pire arrivant. Depuis peu, de récents phénomènes accroissent encore cette instabilité au point d'ameuter les foules tant le mal par mimétisme s'insinue en nous. Sournoisement, il fait corps au point de s'oublier avant d'agir. Point de virus, pas de signes extérieurs, rien de palpable sinon qu'un état général plutôt inquiétant peu perceptible à l'½il nu. Le drame est là. Comment savoir qui est atteint ? Quels sont les conséquences ?
Les diagnostics sont formels, la situation est grave. Sans coup férir, les patients deviennent des morts vivants. Devant le danger, les gens se taisent, se renferment.
Le seul élément disponible à ce jour vient d'une cartographie des zones à risque qui semblent correspondre aux banlieues où se concentrent d'importantes voies de circulation. Est-ce lié à la pollution ? Possible ! En tout cas, les causes sont multiples, la propagation rapide. Du jour au lendemain, des gens comme vous et moi seuls ou en famille, avec ou sans travail, basculent dans l'ombre. Sans comprendre ce qu'ils leur arrivent, leur comportement est subitement altéré. Pris d'une angoisse terrible qui les étouffe, ils désespèrent de tout. Des gestes fous s'ensuivent. Certains minés de l'intérieur quittent leur lieu de travail sans prévenir, d'autres s'enfuient de chez eux sans explication aucune. Un point commun les distingue, leur course effrénée vers un but lointain. Cet empressement crée une cohue générale. Dans les gares, en rue ou même dans les magasins, un simple brouhaha suffit pour générer le désordre, voire la panique. Sitôt quelques cris qu'une ruée pousse tout le monde dehors. A ce rythme chacun se regarde en chiens de faïence soupçonnant son voisin d'entre être.
Et pourtant les apparences sont trompeuses. D'aspect, ils semblent normaux. Il faut bien les ausculter de long en large pour s'apercevoir que quelque chose ne tourne pas rond en eux. Déjà, ils ne rient pas, sont souvent nerveux et irritables et agressent volontiers à tout-venant. Des grincheux, il en existe depuis la nuit des temps. C'est nettement insuffisant pour les démarquer ? Non. A ce jeu-là, la moitié de la planète serait concernée.
Ce n'est pas encore le cas. Enfin, presque !
Pour cela, il faudrait guérir. Le problème, c'est qu'aucun scientifique n'a pu déceler quoique ce soit. On n'en sait moins sur le sujet que pour le Sida. C'est tout vous dire.
La confusion régnant, les hypothèses fusent. Les uns y voient l'intervention de forces extérieures, d'autres l'effet pervers du réchauffement du globe, enfin l'émanation de gaz tueraient nos cellules rendant l'être amorphe, digne du zombie. De quoi faire de bons morts vivants. Le constat est terrifiant.
Souvent, dans les textes anciens, il est fait mention qu'après décès, des êtres errent sur terre faute d'avoir pu gagner l'univers de l'au-delà. Dès lors, ils hanteraient leurs proches. L'esprit serait ni plus ni moins que le reflet d'une âme à gué. Coincée dans le passage vers l'éternel, cette derrière ne pourrait ni revenir sur ses pas ni progresser sans l'aide d'un tiers. L'appel de détresse étant souvent mal perçu car peu courant.
Nombre de films y font allusion pour l'atmosphère assez particulière qui s'y développe. Ici, rien de cela. Personne n'a perdu sa vie. Les personnes touchées restent en bonne santé. Juste une impression, une sorte de sentiment qui les suit tel un halo de tristesse partout où qu'ils aillent. Encore heureux que cela n'est pas transmissible par simple contact sinon le monde entier serait contaminé. La contamination est maligne. La période d'incubation se réalise sans que l'on ne s'en rende compte, pas de malaise ni d'apparition cutanée. Quand cela vous prend à la gorge, il est trop tard. L'asphyxie guette. Souvent c'est au prix d'énormes efforts que l'on retrouve quelque peu la respiration. Une ventilation est conseillée.
L'émoi soulevé par cet état de désespoir profond voire de panique qui tétanise sans prévenir n'importe qui a de quoi suscité une peur bleue dans une population complètement aux abois. Le « moi perdu » comme l'appelle les docteurs constitue plus qu'un simple effacement de la personnalité, il représente carrément une altération tant physique que psychologique de l'individu, plus que jamais amoindri dans sa chair.
« Il ne vit plus » La conclusion fait froid dans le dos.
Le drame vient du manque de remède, les médecins se contentent de soigner les effets à dose de calmants et autres stimulateurs. En vain.

En rue la tension est perceptible. Amplifié par les masses médias, le phénomène prend des proportions gigantesques. La foule traque l'ennemi, la chasse aux sorcières sème la pagaille.
Dans la rue, les couloirs, chacun se croise en se demandant si l'autre est porteur. La méfiance gagne les esprits et corrompt les échanges. Plus personne n'ose sortir.
Le malaise est général, le pays au bord du gouffre.
Quand soudain. Eurêka ! Une nouvelle s'annonce des plus prometteuses. Une agence aurait fait une découverte sensationnelle. A l'entendre, ses chercheurs auraient identifiés les raisons du mal. Des dernières vérifications sont faites mais la publication en saurait tarder. L'attente sera longue mais l'espoir faisait vivre. Un paradoxe de plus !
Enfin, le communiqué est bouleversant. Le responsable de cet état d'abandon subit ne serait que l'individu lui-même. Le « moi » étant en relation avec une enveloppe charnelle, la personne constituant un tout. Le lien entre le corps et l'esprit étant symbolisé par une complexité d'éléments à la fois matérielle et spirituelle où l'âme une espèce de crochet double formé d'un S à l'endroit et l'autre à l'envers. Bref, le pendant entre le mal et le bien.
Dans le cas qui nous préoccupe, un S est manquant, c'est le chaînon fautif.
Résultat du mois on obtient le moi. De la soustraction, il en résulte un état délabrement dû au cumul des factures mensuelles à payer qui rongent le pouvoir d'achat au point de le rendre inopérant. Sans ressources, le consommateur aigri doit attendre la fin du cycle pour espérer vivre quelques heures avant de végéter à nouveau. C'est en se repliant sur lui-même pour faire ceinture le reste du temps faute de moyens de subsistance qu'il devient fauteur de troubles. Un réflexe f½tal qui le réduit à la plus simple expression et dont à la base du mal est en soi. Emoi d'automne.

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 10:17

Modifié le lundi 01 octobre 2007 01:46