Ma littérature.

Ma littérature.
Hier encore, par réserve ou excès d'humilité, je me taisais par pudeur. Avec l'âge et l'expérience j'ai acquis un certain recul qui m'autorise à m'exprimer librement. Après 25 années dans les Systèmes d'information d'une grande entreprise, en plus de ma famille, il m'a fallu sans cesse apprendre pour rester performant, aussi, la littérature est devenue une seconde manière de vivre. Une évasion d'abord, une passion enfin ! L'écriture ne constitue pas seulement un besoin, il dénote un réel plaisir de communiquer à la fois, du savoir, mais aussi et surtout, une manière de concevoir la réalité. Une philosophie au quotidien où les connaissances se délivrent comme le parfum nous embaume puisque l'atmosphère qui s'y dégage gagne en profondeur. C'est pourquoi, le vécu d'une part et l'analyse psychologique de l'autre jouent un rôle prépondérant. Un précieux héritage !

Fils de paysan, je suis né chasseur. Conséquence, il fallut de longues études et un métier exigeant pour apprivoiser l'espiègle que j'étais. Sans honte ni regret, j'ai grandi dans la diversité, tirant surtout profit de mes échecs et confrontations. La déception et la colère faillirent l'emporter sur l'étudiant qui malgré les coups s'accrocha dans la tourmente aux racines. C'est en se tournant vers les siens qu'il put vaincre ses angoisses en gardant une âme de combattant. Il est vrai, qu'autour, la vie était loin d'être agréable. L'évolution technologique se réalisa au détriment des rapports humains. Et cela n'ira qu'en empirant.

Le progrès n'apporta pas le bien-être escompté, il imposa juste un rythme de vie infernal qui ébranle les gens dans leur chair. Le besoin d'argent, l'insécurité, le manque de dialogue et a fortiori de compréhension sont autant d'éléments qui déracinent les hommes et les femmes de ce monde au point d'en oublier de vivre. Quelle tristesse ? Car là, est le pire des maux.
Fragilisé, l'individu ne peut que courir d'un mois à l'autre pour dépenser d'avance un revenu rongé par l'inflation, une maladie hors du commun. A force de dérives, il perd son moi.
Et si l'homme marri s'oublie, il aggrave souvent son cas en reportant les torts sur l'épouse qu'il répudie, refusant à la femme l'objet d'attentions. Divorce et maltraitance font le ménage tandis que l'injustice et racisme deviennent monnaies courantes. Le constat de tous les jours.

Décrire une situation économique et parler des meurtrissures d'une enfant ou de la déchéance d'une mère, ce sont des propos qui soulèvent naturellement des questions et entraînent son lot de critiques. A cela quand c'est rendu de la sorte, le lecteur ne peut rester indifférent. Qu'il le veuille ou non, l'idée lui traversera l'esprit, la conscience lui rongeant les méninges. Personne n'en sort intact, l'effet étant trop pervers, l'incubation pouvant s'avérer longue. Face au danger, la société isole le mal, dénigrant l'auteur pour garantir la quiétude sociale.
Est-ce utopique d'aider l'humanité ?
Pas que je sache. Sauf peut être en littérature qui pour conserver ses lettres de noblesse se doit de rester confinée et fantaisiste, voire rose bonbon. La fleur d'une époque.

Je marche probablement à contre-courant en dévoilant la face cachée, celle qu'il plaît aux maîtres d'ignorer. Au risque de ne pas être publié, je persiste et signe car être, c'est paraître.
Vous me trouvez présomptueux ? Possible. C'est l'éducation. Mon ouvrage vient du c½ur par la force même des sentiments perçus. Les douleurs d'hier, les malheurs d'aujourd'hui et cette recherche permanente d'une situation meilleure procurent matière à réflexion. Ami des bois, des forêts aux bancs d'école, mon apprentissage ne s'est jamais terminé, puisque l'instinct du prédateur est resté intact. Ce qui a changé, au contact de la civilisation, c'est la maîtrise des pulsions. Imaginez, un loup en ville, combien sa vision des choses est différente.
Quel rapport avec l'art ?
Justement, tout est là. L'ivresse des sens, la jouissance du corps et de l'esprit, la recherche entre le bien et le mal pour gagner en béatitude, voilà le véritable challenge.
Futile et dérisoire me direz-vous ?
Evidemment, cela semble surhumain, déraisonnable voire ridicule pour bon nombre d'entre vous. Et je vous le concède. Je n'insisterai pas, je perdrais mon temps à essayer de vous convaincre. D'ailleurs, vous ne pouvez comprendre. C'est à votre voisin que je m'adresse.
Hélas, oui, il faut un minimum de culture, d'ouverture d'esprit pour réaliser combien il est urgent de réagir. Faute de quoi, c'est peine perdue. C'est en cela que mes écrits dérangent car il réveil une conscience enfouie sous les fondations d'un univers flamboyant mais impitoyablement hypocrite dans lequel l'arrivisme tue l'amitié. Une société de parvenus qui fait illusion avec une mesquinerie de bon aloi. Du pain et des jeux pour le peuple, voilà le programme des distractions. Un réflexe purement technique où la pensée est copiée collée.

Dans cette fiction, mes mots sont des armes, ils assassinent les préjugés et violent les intégrités par dérision. L'imagination devient le sujet préféré où je m'efforce d'amadouer l'indomptable. Le pire, semble-t-il, au vu des réactions parfois virulentes, c'est que j'y arrive. Cela signifierait-il que je touche à la sensibilité de l'âme ? Sûrement !
Point déloge juste une remarque. Je ne cherche pas à révolutionner le monde, seulement à aider ceux et celles qui désirent revenir à un mode de pensée plus terre à terre quitte à se déchaîner dans tous les sens du terme. Assumer sa sexualité, par exemple, c'est aussi aimer exister en prenant des risques, en osant gagner sur soi pour un meilleur épanouissement au travers un réel échange. La rencontre ne peut produire la volupté espérée sans l'essence même du plaisir, celui de donner sans rien attendre en retour. Or, le suivi éducatif et l'endoctrinement social ont souvent induit l'enfant en erreur, lui faisant porter le poids de fautes inutiles afin de le culpabiliser dès le début. De là, découlent bien des vices.

Depuis la naissance, les dès sont pipés. Dans cet enjeu de pardon éternel, l'individu expurge sur terre pour une vie qu'il n'a pas réalisée. Le chemin de croix se transforme en mascarade où il faut masquer faiblesses et sentiments par peur de l'autre. A ce stade, la première personne que l'on trompe, c'est vous. L'image l'emportant sur le fond, tout devient possible, y compris l'imaginaire. Le pouvoir de l'argent fabrique et vend du rêve à tire-larigot. C'est grave !
Cela signifie qu'un leurre nous tient hors de l'eau, sans quoi, c'est la noyade. Cruel aveu d'impuissance !que celui-là. Quelle hérésie !
La rançon de la gloire est ainsi faite qu'il faille se jouer des lois de la nature pour obtenir gain de cause. Le dépassement de l'autre est devenu machiavélique. Par extension, la morale n'a plus de limites. Les plus aguerris pouvant s'octroyer ce que d'autres s'interdisent. Un jeu de dupe de plus !

Alors, dénoncer ces états d'âme, c'est forcément recevoir une volée de bois vert. Des portes se ferment, et avec elles, des possibilités s'envolent. C'est sûr ! Mais se corrompre pour réussir n'est pas inscrit dans mes gènes. Aussi, je continuerai mon bonhomme de chemin qui n'a rien de comparable à une croisade mais reste mon fil conducteur. Celui de la lumière, celle que l'on découvre aux confins d'une forêt, dans une clairière en totale indépendance.
Voilà ce qui m'amène à vous écrire. De vous à moi, le jeu en vaut la chandelle.

# Posté le dimanche 16 septembre 2007 06:36

Modifié le dimanche 16 septembre 2007 07:14

La machine à voter s'est enrayée.

La machine à voter s'est enrayée.
Sans urne ni loi, je ne voterai plus qu'occasionnellement.

L'été s'éclipse, les hirondelles vont se rassembler pour leur départ, l'automne est à nos portes et avec lui le retour aux sources. Les temps changent, les méthodes s'adaptent. Cela impose à l'auteur de revoir sa copie. Un choix parfois difficile !
Les heures de visite sont d'agréables moments mais parfois astreignants car le temps est compté. J'en suis navré mais je ne pourrai plus systématiquement répondre aux votes. Durant les vacances, l'expérience fut intéressante car j'ai gagné à vous connaître et tous les sites repérés resteront mes favoris. En conséquence ma fréquentation sera moindre. Non pas par manque d'attention, ni d'attraits, mais par organisation car si la littérature est mon métier de c½ur, ma profession me retient en journée ailleurs. La famille, la maison et le reste des affaires font que le loisir d'évasion se déporte aux petites heures. C'est pourquoi, j'ai besoin de votre compréhension
Pour avancer valablement, les phases s'alignent sur une programmation à moyen terme. Des périodes sont définies, tantôt pour la rédaction, tantôt pour la promotion. Il faut être partout. Ainsi, une fois le mouvement lancé, il convient de répartir les tâches. Aujourd'hui, alors que deux ouvrages sont en lecture, un roman et un recueil de contes, un manuscrit est à corriger.
Cette mise en page définitive constitue probablement la partie la plus éprouvante car très technique elle impose également du doigté. L'usage d'un subjonctif, le retrait de termes équivoques, le raturage d'un paragraphe sont autant de corrections méticuleuses voire délicates. De quoi me mettre à l'ombre pour quelques mois. Désolé pour l'hibernation.
Néanmoins, ne me perdez pas de vue, restez fidèles, j'ai besoin de vous savoir tout proche. Et je continuerai mes petites notes à votre égard. Comme la lune l'artiste à son cycle. Merci.

# Posté le mardi 28 août 2007 15:12

La 3e dimension d'un écrivain.

La 3e dimension d'un écrivain.
Alliant l'art des lettres à l'imagination, un auteur peut faire des merveilles avec les mots dont il compose et joue avec dextérité. Au bout du stylo, il crée pour son plaisir d'abord, prenant goût de celui des autres ensuite, une texture des plus raffinées. Alors qu'au cirque comme au théâtre, le public fait face aux comédiens, il entre seul en scène. Sans public dans l'immédiat le pari est d'autant plus difficile que pour la rédaction, il travaille d'instinct, totalement en aveugle. La littéraire est purement intuitive.
La reconnaissance, il la devra parfois à la chance mais souvent à une longue et féroce ténacité. C'est effectivement à force d'y croire qu'il y arrive. Faute de quoi l'ouvrage resterait lettre morte. Il faut savoir que l'appréciation inévitable vient longtemps après l'effort parfois à titre posthume. C'est dire combien la tâche est délicate. Avant d'être lu, le radeau livre navigue en eau trouble.
Certes, à moins d'être tombé dans la potion magique et nonobstant le talent, personne n'atteint le sommet du jour au lendemain. Il faut s'essayer ! Du poème à la nouvelle, le créateur se tâte, prenant de timides contacts avec le lecteur qui l'encouragera à plus de témérité. Affranchi, celui-ci se lancera alors dans un récit de longue haleine qu'il publiera sur sa lancée. Preuve d'une certaine innocence, il ose paraître tel qu'il est. L'avènement en soi surprend agréablement. L'écho est favorable.
Le cri passe mais dans un brouhaha indescriptible, sa voix est noyée. Il se sent isolé, perdu dans la foule. Peu soutenu, pas vraiment aidé, il hurle toute sa joie de vivre. Insuffisant ! Il casse sa voix.
Un gouffre d'indifférence, le sépare du monde littéraire, celui du silence. Il crie sa douleur mais peu d'échos, juste des avis et quelques critiques qui lui rendent justice. Oui, les professionnels sont d'accord sur ses qualités. Oui, les lecteurs aiment et le disent. Le mouvement est lent mais en marche.
C'est ici qu'il est important d'avoir du poids, économiquement parlant. Le livre est avant tout un produit commercial. Sa publicité se souligne par une signature connue. La différence est notoire.
N'ayant pas cette reconnaissance, il faut se bâtir une renommée afin d'ouvrir des portes tel le maçon devant son mur qu'il monte pierre après pierre. Le bouche à oreille fonctionne, mais au rythme de l'escargot alors que dehors tout va très vite, de trop même.
C'est d'ailleurs un autre obstacle de taille, les éditeurs investissent dans ce qui rapporte. La mode étant aux rêves, à la fantaisie, ce sont des épopées modernes qui assaillent les librairies. L'univers imaginaire fait oublier les misères. Les mythes réapparaissent au grand jour et font recette. Arrivant à contre-courant avec du vécu et du psychologique, vos ouvrages recueillent une attention toute relative.
Faut-il tenter le diable ?
Bien sûr, il faut y croire. Parce que le marché de demain devra fatalement innover pour sortir d'une saturation obsessionnelle. Les récits d'expérience ayant trait tant au vécu qu'à l'analyse des faits qu'ils soient appelés aventures ou polars suscitent toujours l'intérêt d'une population avertie. Enfin, la manière dont c'est rendu ne peut qu'à terme séduire. C'est juste une question de temps.
Le regard des autres est une dimension nécessaire pour l'artiste car il nourrit l'âme. L'important est là, dans le contact. Dès que vous savez que cette rencontre existe bel et bien et que de surcroît elle vous est favorable, il n'y a plus à en douter, il faut écrire et écrire encore. Le reste, ce sera pour plus tard. N'est-ce pas ?

# Posté le jeudi 09 août 2007 16:01

Modifié le jeudi 09 août 2007 16:27

L'amertume, tu meurs !

L'amertume, tu meurs !
Il pleut sur la ville
Et je pleure de tout mon c½ur
Car il peut être vil
Si je lui éprouve ma ranc½ur.
Qui ? Le destin. Le destin !
Le malaise s'installe dans nos sociétés parce qu'au-delà des valeurs d'antan, il manque désormais l'espoir de vivre. Tandis que dans les banlieues, la rumeur explose comme un souffle de révolte sans que cela n'étonne personne, au-dessus des nuages, nos émules du pouvoir exercent leur autorité par la force pour asseoir leurs conformités en dépit du bon sens. Ces édiles plus habitués à paraître que d'exister sont incapables de comprendre la vie d'en bas. Sans dialogue, sur terre, c'est l'échec. Le divorce !
Hors de leur cercle restreint, vous êtes étrangers.
Vous et moi, en émoi, criez : L'amertume, tu meurs !

Il pleut sur la ville
Et je pleure de tout mon c½ur
Car il peut être vil
Si je lui éprouve ma ranc½ur.
Qui ? Le destin. Le destin !
Le capital, cancer du monde, tue en dérobant aux populations la masse monétaire qu'il s'accapare avec cupidité et acharnement. Le charnier humain vit sur le plancher des vaches sans autre espérance que celui de brouter l'herbe, fruit de passion de lointains argentiers qui tirent sur tout ce qui bouge. Il n'y a pas de fumée sans feu. Tumeur d'un siècle pourri par la surconsommation où l'économie dérape à tout bout de champ, le minimum vital est sous le seuil de pauvreté. Un comble. La vie coûte. Trop chère !
Hors de leur cercle restreint, vous êtes étrangers.
Vous et moi, en émoi, criez : L'amertume, tu meurs !

Il pleut sur la ville
Et je pleure de tout mon c½ur
Car il peut être vil
Si je lui éprouve ma ranc½ur.
Qui ? Le destin. Le destin !
Pourtant sur le boulevard, un refrain sème le trouble. Sorti de la bouche du métro, un air tendre envahit les marches, envoûtant la foule. Dans la gestuelle, un gars récite les paroles qui le touchent. Le rap est son langage. L'histoire qu'il raconte, il l'a vécu des dizaines de fois. Depuis tout petit, il baigne dans la cité comme il respire. Elevé parmi ses frères, il grandit en aidant ses s½urs pour que chacun puisse avoir de quoi subvenir. Son milieu, il le vit avec émotion. Issu d'une famille nombreuse, il est solide. Solidaire !
Hors de leur cercle restreint, vous êtes étrangers.
Vous et moi, en émoi, criez : L'amertume, tu meurs !

Il pleut sur la ville
Et je pleure de tout mon c½ur
Car il peut être vil
Si je lui éprouve ma ranc½ur.
Qui ? Le destin. Le destin !
Désolation et rumeur font la course à tombeau ouvert dans les artères pour garder le rythme, une fuite en avant qui ne peut s'arrêter faute de ne pouvoir rattraper le temps perdu. Une misère qu'il partage. Ensemble, ils font front pour supporter la faim car sous la même bannière, ils se soudent par la culture pour se nourrir l'esprit et le corps. En s'unissant, ils y gagnent en liberté et grâce à la musique, ils assassinent la tumeur. Ils se rencontrent, sans haine ni peur, parce que honnêtes avec eux-mêmes. Pour eux-mêmes !
Hors de leur cercle restreint, vous êtes étrangers.
Vous et moi, en émoi, criez : L'amertume, tu meurs !

Il pleut sur la ville
Et je pleure de tout mon c½ur
Car il peut être vil
Si je lui éprouve ma ranc½ur.
Qui ? Le destin. Le destin !
Ces rassemblements expriment un mode de vie non conformiste. Est-ce un crime ? Pour les nantis, cela en a le goût de la poudre. Des signes qui trahissent la confiance des hommes. A moins que dans leur soudaine folie, la déraison les embrase, la déchirure est consommée, le monde divisé. Sur le bûcher de l'indifférence, la garde républicaine immole tolérance et amitié. La répression ne fait plus peur. Le bonheur l'emporte quoique partout autour des gens en ignorent encore l'essence même. Les sens même !
Hors de leur cercle restreint, vous êtes étrangers.
Vous et moi, en émoi, criez : L'amertume, tu meurs !
Il pleut sur la ville
Et je pleure de tout mon c½ur
Car il peut être vil
Si je lui éprouve ma ranc½ur.
Qui ? Le destin. Le destin !

Inspiration des nuits du Botanique bruxelles avril 2007

# Posté le mercredi 01 août 2007 16:28

Etre ou paraître ?

Etre ou paraître ?
Longtemps, j'ai cultivé par modestie ou pudeur un grand respect pour l'écrivain notoire parce que son talent se devait d'être proportionnel à sa reconnaissance. En fait, cette consécration légendaire pouvait être fondée, elle n'en restait pas moins sujette à appréciation. En effet, hormis l'étalage qu'ont-ils de plus que nous ? Cela mérite réflexion.
Déjà, qu'un prix littéraire tel que le Goncourt s'octroie autour d'une table d'hommes d'affaires plutôt que de vrais critiques, il y a lieu de se poser des questions. Alors, quand de surcroît, le lancement du dernier Harry Potter fait démonstration d'un marketing de pointe, on se dit que l'on nage en plein surréalisme. Le gadget produit se propulse ici comme tout autre article commercial, Après les Simpson, voilà le sorcier moderne qui rançonne les librairies. Le marché surprend. Qu'y a-t-il d'étrange ?
Sinon qu'une grande moitié des acheteurs ne le liront pas en entier. Parce que l'important n'est pas le contenu mais uniquement d'être dans le mouvement. Le phénomène est social plutôt que culturel. Pour preuve, le nombre incroyable de livres des tomes précédents délaissés dans les trains. L'oubli fait preuve d'abandon car l'objet en soi n'a que peu de valeur. L'essentiel n'est pas là ! Tant que l'on connait quelques bribes du récit, histoire d'être dans les conversations du moment, les apparences sont sauvées. Peu importe le reste..
C'est ni plus ni moins un mythe de plus !
Honnêtement, je ne pourrai entrer dans un tel système car j'y perdrais mon identité. Encore heureux ! Au loin, j'entends déjà les remarques. Les méchantes langues répondront que c'est parce que la diffusion de mes livres reste confidentielle que je peux parler de la sorte. Et bien non ! Ceux et celles qui me connaissent ou m'ayant lu savent qu'il ne peut en être ainsi.
D'abord, mes ouvrages s'inscrivent dans un courant réaliste. C'est du vécu où l'expérience, tantôt malheureuse, tantôt positive instruit et arme le profil du roman. La différence est énorme. Ce n'est plus la purée imaginaire ni la panade fantasmagorique qui gonflent l'ouvrage mais une analyse des faits et gestes communs rendus avec grâce et finesse. L'évolution des caractères des personnages, des circonstances extérieures parfois tragiques sinon extraordinaires, un jeu d'écriture habile, font que la trame rebondit avec grand intérêt.
Il est facile d'articuler son univers dans l'imagerie la plus complète, tout y sonne faux parce pure invention. L'amusement y étant qu'une éphémère illusion. Il n'en est rien dans le domaine du possible car le soir quand la nuit tombe, ce sont les réflexes du jour qui réapparaissent et point d'épée pour vaincre les peurs. Au contraire, la frustration n'en est que plus forte, l'impression d'abandon plus grande. Que faire ? Fuir ! Mais où ?
Nous vivons alors en plein drame. C'est là que nous entrons dans la danse. La manière d'habiller le quotidien, d'évoquer nos souffrances et douleurs avec doigté parce que la poésie s'est nourrie de la prose pour mieux la décrire devient un art de vivre. Une forme existentielle pour le bien du lecteur. Tel est notre message. Au-delà des qualités rédactionnelles, l'approche y est mise en lumière par des réflexions approfondies et des confrontations inhabituelles qui interpellent les gens. L'interaction entre le récit et le lecteur notamment produit une dynamique constructive qui éveille les consciences.
La psychologie passe des feuilles au travers les mains du lecteur qui n'en croit pas ses yeux à force de s'éveiller. La transmission est réellement sensitive.
Si vous ne le croyez pas, tentez l'expérience.
Aujourd'hui, j'ai rencontré l'âme de l'écrivain, il me faut encore vous en convaincre.
Qu'est-ce que cela vous coûte ? Un livre ? Non ! Votre ego plutôt qui en prendra un vilain coup tant orgueil et fierté ravaleront leur salive. Quand l'auteur déshabille les préjugés, ce n'est pas un vain mot mais une parole de sage. Soyez-en sûr !

# Posté le samedi 28 juillet 2007 10:28

Modifié le samedi 28 juillet 2007 10:40