Voilà plusieurs essais que j'envoie à la poubelle parce que fruits de colère ou sources d'énervement qui m'égarent dans mes propos. Comme vous, j'ai mon lot de problèmes, mais le respect des mots m'imposent une certaine pudeur. Ce n'est pas parce que l'on écrit qu'il faut tout oser dire. Evidemment, la force du multimédia, c'est d'ouvrir les fenêtres afin de scruter de lointains horizons pour abattre les distances et combattre l'indifférence. Celle des voisins d'abord qui dévorés par la jalousie vous ignorent. Pour vaincre ensuite l'hypocrisie, il faut franchir les frontières, sauter les barrières. Le but premier de la communication étant de créer le contact en allant au-delà des limites communes, bien au deçà de ses faiblesses.
Sinon, qu'est-ce que l'on fait sur terre ?
Mon dernier roman est terminé depuis deux mois et je tergiverse pour l'envoyer aux comités de lecture. Pourquoi une telle hésitation ? Je n'en sais trop rien. Est-ce la peur d'un rejet ? Non ! J'en ai connu d'autres. Et puis, l'ouvrage est différent, bien mieux ficelé encore. Les critiques sont enthousiastes, que craindre, alors, sinon que de paraître. Peut-être, est-ce là la vraie raison ? Un excès d'inquiétude qui lui fait scruter le ciel pour un meilleur envol, un répit qu'il se donne avant de quitter le sol.
Paraître, c'est tout un aveu, celui de se livrer à vous pour le plaisir d'une réelle rencontre au travers les mots. Vous vivez sans le dire, alors j'écris ce que l'on ose ressentir de peur d'être surpris de se réveiller en pleine transpiration. C'est facile de lire l'histoire de quelqu'un d'autre, mais quand cela vous touche, vous préférez tourner la page, pire encore, vous vous refermer à double tour. La vérité blesse surtout quand il y est question de la libido. J'entends déjà, lecteurs et lectrices à l'eau de rose vilipender. « Le thème est connu, c'est banal » crieront-ils à tue-tête. Grossière erreur !
Une femme, c'est la terre entière ; son ventre, sa sexualité, ses amours et métiers en font un océan d'attentions et de savoir. Comment peut-on ne pas s'en apercevoir ? Oui, je suis fasciné par tant de ressources qui étonnent, de sa beauté naturelle à son professionnalisme, le sujet me captive. Et je le transmets dans mon ouvrage. La fraîcheur du texte, les rebondissements de la trame, les jeux de mots et l'analyse fine voire perspicace sont autant d'atouts que les chasseurs de polar possèdent en commun. Mais sa traversée du désert, elle, est unique, exceptionnellement dramatique et bouleversante. De l'enfance à l'âge mûr, Andrée perdit beaucoup pour obtenir le droit d'exister. Pourquoi ce sacrifice ? Par fidélité au sang, elle accepte une mise à nu qui l'entraîna hors des entiers battus afin de survivre. L'enfant voulait grandir, la femme refaire son adolescence et la mère revenir la gosse d'antan, autant de désaveux qui lui brisèrent les reins sur le ressac de la vie courante.
Objet de lubie ou simple caprice ? Ce fut un choix terrible.
Le vécu s'enrichit dans l'enracinement des difficultés journalières, faisant des gouttes de sueurs et de sang le long fleuve tumultueux que le romancier suivra jusqu'à l'embouchure de son talent. Sur son fragile bateau, Andrée parcourra un chemin de croix inédit qui à tout pour surprendre. Sur les récifs de l'arrogance, le récit fond comme une praline en bouche, écumant d'impatience. Le roman est un hublot sur la mère et ce blog une entrevue pour la femme. Déjà, le choix du site, et surtout, le fait de s'afficher homme parmi les femmes, c'est tout un challenge qui me plaît et me stimule.
Enfin, j'ai l'immense plaisir de vous partager, alors si vous voulez en savoir plus, @-lisez-moi
« Andrée, le venin du diable. » Pour l'heure, le manuscrit lève l'ancre et cherche une maison d'édition. Les enveloppes sont prêtes pour leur envol. Reviendront-elles ?




