Un acompte d'auteur !

Un acompte d'auteur !
Après des semaines d'égarements ménagers, je retrouve ma chère ligne de conduite qui m'amène à reprendre le chemin de l'écriture. Pour nous, non conventionnels des lettres, écrire en dehors de ses heures, c'est participer chaque jour à un long pèlerinage. Un lourd travail qui prend sur vous, handicapant vos loisirs et ruinant vos soirées. Oui, l'auteur est souvent en proie au doute.
Voilà plusieurs essais que j'envoie à la poubelle parce que fruits de colère ou sources d'énervement qui m'égarent dans mes propos. Comme vous, j'ai mon lot de problèmes, mais le respect des mots m'imposent une certaine pudeur. Ce n'est pas parce que l'on écrit qu'il faut tout oser dire. Evidemment, la force du multimédia, c'est d'ouvrir les fenêtres afin de scruter de lointains horizons pour abattre les distances et combattre l'indifférence. Celle des voisins d'abord qui dévorés par la jalousie vous ignorent. Pour vaincre ensuite l'hypocrisie, il faut franchir les frontières, sauter les barrières. Le but premier de la communication étant de créer le contact en allant au-delà des limites communes, bien au deçà de ses faiblesses.
Sinon, qu'est-ce que l'on fait sur terre ?
Mon dernier roman est terminé depuis deux mois et je tergiverse pour l'envoyer aux comités de lecture. Pourquoi une telle hésitation ? Je n'en sais trop rien. Est-ce la peur d'un rejet ? Non ! J'en ai connu d'autres. Et puis, l'ouvrage est différent, bien mieux ficelé encore. Les critiques sont enthousiastes, que craindre, alors, sinon que de paraître. Peut-être, est-ce là la vraie raison ? Un excès d'inquiétude qui lui fait scruter le ciel pour un meilleur envol, un répit qu'il se donne avant de quitter le sol.
Paraître, c'est tout un aveu, celui de se livrer à vous pour le plaisir d'une réelle rencontre au travers les mots. Vous vivez sans le dire, alors j'écris ce que l'on ose ressentir de peur d'être surpris de se réveiller en pleine transpiration. C'est facile de lire l'histoire de quelqu'un d'autre, mais quand cela vous touche, vous préférez tourner la page, pire encore, vous vous refermer à double tour. La vérité blesse surtout quand il y est question de la libido. J'entends déjà, lecteurs et lectrices à l'eau de rose vilipender. « Le thème est connu, c'est banal » crieront-ils à tue-tête. Grossière erreur !
Une femme, c'est la terre entière ; son ventre, sa sexualité, ses amours et métiers en font un océan d'attentions et de savoir. Comment peut-on ne pas s'en apercevoir ? Oui, je suis fasciné par tant de ressources qui étonnent, de sa beauté naturelle à son professionnalisme, le sujet me captive. Et je le transmets dans mon ouvrage. La fraîcheur du texte, les rebondissements de la trame, les jeux de mots et l'analyse fine voire perspicace sont autant d'atouts que les chasseurs de polar possèdent en commun. Mais sa traversée du désert, elle, est unique, exceptionnellement dramatique et bouleversante. De l'enfance à l'âge mûr, Andrée perdit beaucoup pour obtenir le droit d'exister. Pourquoi ce sacrifice ? Par fidélité au sang, elle accepte une mise à nu qui l'entraîna hors des entiers battus afin de survivre. L'enfant voulait grandir, la femme refaire son adolescence et la mère revenir la gosse d'antan, autant de désaveux qui lui brisèrent les reins sur le ressac de la vie courante.
Objet de lubie ou simple caprice ? Ce fut un choix terrible.
Le vécu s'enrichit dans l'enracinement des difficultés journalières, faisant des gouttes de sueurs et de sang le long fleuve tumultueux que le romancier suivra jusqu'à l'embouchure de son talent. Sur son fragile bateau, Andrée parcourra un chemin de croix inédit qui à tout pour surprendre. Sur les récifs de l'arrogance, le récit fond comme une praline en bouche, écumant d'impatience. Le roman est un hublot sur la mère et ce blog une entrevue pour la femme. Déjà, le choix du site, et surtout, le fait de s'afficher homme parmi les femmes, c'est tout un challenge qui me plaît et me stimule.
Enfin, j'ai l'immense plaisir de vous partager, alors si vous voulez en savoir plus, @-lisez-moi
« Andrée, le venin du diable. » Pour l'heure, le manuscrit lève l'ancre et cherche une maison d'édition. Les enveloppes sont prêtes pour leur envol. Reviendront-elles ?

# Posté le vendredi 20 juillet 2007 15:26

Modifié le vendredi 20 juillet 2007 15:38

Le retour des hirondelles à tire-d'aile.

Le retour des hirondelles à tire-d’aile.
Avec le soleil, c'est une saison de rêve qui commence, car en rue, les femmes s'attirent d'elles bien des regards. Les jambes en avant, jupe au vent, le buste téméraire, la gent dame s'affiche librement pour le plaisir des yeux. Oui, j'aime ce climat opportun qui remise la grisaille dans les garde-robes. Le pas léger que laisse présager le cliquetis de hauts talons annonce toujours l'arrivée du beau temps. J'en ai le c½ur qui bat à chaque fois.
D'un coup d'½il, l'hirondelle fond sur vous avec grâce. Le vol plané est majestueux, le geste sublimant. J'en ai la chair de poule. Ah ! Quelle beauté divine !
Alors, pendant quelques pas, je suis le mouvement, capturé par ce galbe bien enjambé. La délicatesse d'un va-et-vient qui allie douceur et fermeté séduit.
« Ciel ! La belle se tire. Vite ! Reprenons-nous. »
Epris par vos égarements et distancé par cette magistrale envolée, vous voilà perdu au sol, laissé sur le carreau. Que nenni ! Au loin, déjà, d'autres apparaissent, en groupe cette fois. Vos pupilles voyagent d'une silhouette à l'autre, adaptant l'angle d'approche pour flirter un instant avec la plus proche. Vos narines la respirent à plein nez. Flairant son passage, vous relevez son parfum qui vous illumine comme si d'un coup sa robe se soulevait. Subjugué par cet appel d'air, l'homme se colle au tire-fesses qui l'emporte vers le sommet des montagnes enneigées. Enivré, c'est l'évasion totale. C'est alors qu'on se retrouve largué au troisième étage d'un grand magasin au rayon lingerie parmi les sous-vêtements féminins. Et là, ce sont elles qui vous dévisagent. La colonie entière observe cet oiseau de proie étourdi. Déconfit vous vous sentez déshabillé par cette faune qui n'attend que l'instant pour vous voler dans les plumes. La pression est énorme. Par prudence, vous reculez. Mais l'escalator vous repousse machinalement. Vous perdez pied faute d'assurance, la retraite devient la voie royale pour votre survie. Sans oser regarder, la tête basse, c'est la ruée vers la sortie. La descente est longue et humiliante. Pourquoi diable vous vous êtes emportez de la sorte !
« Où ai-je la tête ? » Bête question, comme si cela se demandait !
Le pire, c'est qu'une fois à l'air libre, l'appel des sens vous fait tourner à nouveau la tête telle une girouette. L'instinct du chasseur, probablement. Possible ?
A qui la faute ? Elles sont si jolies, primesautières.
Revenu à vos premiers amours, vous voilà de nouveau ébloui par leur naturelle grâce, au point de faire la queue-de-pie devant le parterre en plein boulevard. Elles font les courses, moi la chasse à la courre ? Ne suis-je pas un galant homme ?
« Piaffes si tu veux, maman, tant qu'il fait clair, je ne rentre pas au nid. »


PS/ Le vous est majestueux comme seul peut l'aigle.

# Posté le samedi 14 juillet 2007 06:29

Modifié le vendredi 20 juillet 2007 15:39

Légende citoyenne.

Légende citoyenne.
Jadis enfouis aux confins des forêts, les monstres hantaient les aventuriers de leurs sombres desseins parce que les campagnes restaient mystérieuses et ignorées. Le noir faisait peur car l'inconnu engendrait l'incroyable. En fait, la dimension humaine était à l'enseigne de sa civilisation où la superstition était à la religion ce que l'astrologie est à l'astronomie, à savoir des sciences divinatoires sur des croyances et leurs pensées dérivées. L'important étant d'y croire. Une interprétation qui interpelle parce que la rumeur est déjà sienne. L'être a besoin de se construire un univers imagé pour y nager en plein bonheur, parfois entre deux eaux. Le trouble lui garantissant des zones d'ombre qui le sécurisent puisque noyant sa conscience dans un clair-obscur de bon aloi.
De tout temps, cette foi en l'irrationnel fut un refuge pour les populations car la proximité aidant, le rapport relationnel se nourrit du mystérieux à défaut d'un vécu séduisant. La relation est en rapport avec le mode de vie et des difficultés à s'assumer. Aujourd'hui, le monde rural s'est quelque peu domestiqué tandis que les villes tentaculaires débordent en banlieues dans des hystéries plutôt collectives. En conséquence, nombre d'histoires rocambolesques ne sortent plus des forêts mais des quartiers lugubres. C'est ainsi que les légendes urbaines y prirent leurs sources d'inspiration. Le résultat d'une société de consommation mal régulée et qui divague sur les gravats d'une civilisation mal dans sa peau.
La prolifération d'idées et des contacts à foison mire l'accent sur la difficulté à s'identifier clairement dans un univers en constance mutation. Ce handicap, hier toléré, devient insurmontable sans réelle imagination ni véritable évasion. En se jouant des angoisses des autres l'être perturbé en oublie ses propres faiblesses au point d'attirer toute l'attention nécessaire pour le détourner de la réalité contraignante. En faisant illusion, il gagne toutefois leur confiance jusqu'à l'abus. La nuit, tous les chats sont gris. C'est fou de voir toutes ces gens qui ont besoin du regard des autres pour vivre comme s'ils se nourrissaient de leur sang. Le vampire s'accapare d'eux par bienfaisance. Une sucrerie, rien de plus.
Alors les gestes et actes deviennent machinaux, la démarche mécanique, la victime avance hypnotisée fuyant le bruit de la circulation pour atteindre un milieu hors cohue, un coin de verdure, un parc juste de quoi s'isoler. Et là, survient le drame !
Au détour d'une allée, sous un arbre à l'improviste un homme surgit, le face-à-face est tragique. Le choc est violent. Nu sous sa cape, l'individu rit de son tour de passe-passe. .
« C'est tout moi, cela. Il faut que je tombe sur un exhibitionniste. »
Cruelle maladie que celle-là ! La curiosité vous mine de l'intérieur au point de ne plus vous reconnaître.
« Diable qui suis-je ! »
Plutôt bel homme, le regard s'attache avant de fuir par conformité. Pourquoi recourir à de tels extrêmes ? Il n'a nul besoin de cela pour faire vibrer les femmes ? Moins encore les enfants ? Les pensées sont horribles. Un frison l'envahit. L'impact fait ses effets.
Pourquoi un tel cirque en plein air ? Etrange.
Non ! Pas pour un clown. Le travesti est bel et bien un artiste comme un autre. Déguisé pour la cause, celle qui leur fit monter le chapiteau sur la grande place, il officie. Sa présence annonce les premières représentations avec toute la faune du genre. Un peu de couleurs dans une cité sombre ne peut que faire du bien. Mais à quel prix ?
Au programme, des tours de passe-passe. Diantre ! Que faisait-il sous cet attirail bigarré ?
Voyons ! Le bout rouge pointant son nez ainsi à la volée pour mieux faire fureur, une invitation au spectacle qui trouble la vision des choses. Un appel d'offre... Rideau !
Arrêtons-là ce jeu de rôle que les adultes adorent mais craignent. Une légende de plus où tout reste dans le domaine du possible.
Mais, en fait, qu'avez-vous imaginé ? Toute la question est là.

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 07:16

Modifié le dimanche 15 juillet 2007 05:36

Andrée, le venin du diable. Mon prochain roman ?

Andrée, le venin du diable. Mon prochain roman ?
Un manuscrit qui attend une maison d'édition. Certains renvois sont négatifs, par contre un ou deux semblent tergiversés, le comité de lecture aura-t-il pu convaincre l'éditeur de se déclarer ? C'est tout un rapport délicat qui nécessite de savoir lire entre les lignes. Patience donc !

Née pour être mère, élevée dans les règles strictes d'une éducation rurale, Andrée se retrouve enceinte et mariée fort jeune. Rien de plus normal au pays sinon que l'univers impitoyable des adultes interpelle l'adolescente. A 18 ans à peine, quand elle met au monde une fille noire, des yeux blancs l'incrimineront des pires maux. En campagne, les préjugés ont la peau dure ! L'expérience se paie cher. Divorce et refoulements s'en suivront. Sa vie devient une inévitable fuite en avant.
La descente aux enfers commence.
Pourtant, elle croyait dur comme fer en l'amour. Fruit d'un concubinage, une autre enfant lui rendra la douceur de vivre. Tout un temps, la famille fera illusion. Désormais, la ménagère peut s'affirmer telle qu'elle est née. L'instinct maternel lui donnant ses raisons d'être. Elle s'y consacrera corps et âme au point de s'oublier. Il n'y a pas à spéculer, c'est le rôle de toutes les mamans que de procréer. Aurore et Cathy sont ses joyaux. Au bout du compte, les petites grandissent sans gêne ni complexe. De trop peut être ?
« Les mauvaises herbes poussent vite ! » Dirons-nous. Certes, avec l'âge, leur indépendance désarçonne la mère de son piédestal. Andrée déchante. La perte de sa vocation première perturbe profondément la femme qui, à l'aube de la quarantaine, se retrouve plus nue que jamais. Pire, ses rivales, la poussent hors d'elle-même. Elle a mal au ventre. La mère s'ennuie tournant en rond comme une malade. Devant le miroir, elle découvre peu à peu un autre corps, sensible et terriblement séduisant. L'éperdue se voit réconfortée dans d'autres mains. Les expériences sensuelles la tenaillent de part et d'autres, la dépouillant d'une rigueur trop sévère, fruit d'un enseignement obsolète qui la longtemps contraint à un mode de vie inadéquat. Dorénavant, elle veut vivre des es choix.
La recherche du bien-être l'emportera chaque jour un peu plus loin de son passé. La dérive l'éloigne des siens. Pour gagner sa liberté, le corps et l'esprit se contorsionnent. La jeune quadragénaire est prêt à tout pour y parvenir. Devra-t-elle pour autant se vendre au diable ? En tout cas, un mauvais ½il la poursuit. Sans repères, elle est mal dans sa peau. Il lui faut agir. Elle est suffisamment mûre que pour aller de l'avant.
D'ores et déjà, son parti est pris. La belle respire. Mais a quel prix ? Et pour quel sacrifice ?
Son corps se révèle désarmant pour une personne normalement constituée. Elle est possédée. L'emprise s'amplifie au fil du temps, l'intrigue la capture, l'envie la dévore de l'intérieur. Andrée se retrouve en plein complot au milieu du bûché. Le malin fait feu de tout bois. Pour survivre, la femme donnera de sa chair, payant de sa personne pour assumer les choix de sa vie. Mal lui a prendra. Ses proches succomberont, elle enterrera ses filles et amis. Tout son entourage subira une vile vengeance. C'est la loi du milieu !
Pourquoi une telle punition ? Qu'a-t-elle pu faire pour mériter pareil châtiment ? Sinon naître et accepter d'être pleinement une femme. Sûrement !
N'est-ce pas là le sort de beaucoup ?

# Posté le samedi 30 juin 2007 07:03

Modifié le dimanche 22 juillet 2007 07:36

@moi, émoi et moi, 3 raisons d'être toi.

@moi, émoi et moi, 3 raisons d’être toi.
Enfant d'agriculteurs, né en campagne, j'ai vécu fièrement au siècle passé une moitié de vie plutôt passionnante, pensant comme tant d'autres que la date butoir de l'an 2000 ne serait qu'anecdotique. Erreur ! Le gosse d'hier a dû dépasser le cap fatidique en écrivant.
« Une question de survie. » Me direz-vous ! Sûrement.
L'évolution des conditions de vie est devenue si fulgurante au point de tout bousculer sur son passage que sans repères ni racines, comment voulez-vous vous retrouver dans une mer en furie ? Dehors, la tempête fait rage. La situation est alarmante. Bon nombre d'entre-nous naviguent depuis entre deux eaux. A ce stade, l'écriture reste la bouteille jetée par-dessus bord à toute fin utile, une bouée de sauvetage. L'indispensable espoir.
Ayant à la fois, le recul suffisant et la maturité nécessaire pour pouvoir affronter le péril, l'expérience étant cruciale pour une meilleure vision, je suis devenu naturellement auteur. En quelque sorte, un témoin entre générations, un guide pour une traversée au c½ur des tourments. C'est le capitaine qui parle.
En effet, les contes et nouvelles, articles et pamphlets, essais ou romans ont tous en commun, la perception du vécu tant les histoires perçues d'autrefois, les récits et souffrances d'aujourd'hui que les crises de demain y trouvent leurs raisons d'être. Un héritage qui sert de boussole. Car, si les moyens techniques ont développé à outrance les télécommunications, il devient paradoxalement pénible de se faire entendre dans cette cacophonie. C'est le brouillard complet. Plus que jamais, l'univers est stéréotypé à l'extrême. Nous vivons dans une société robotisée où le marketing de surface des grandes enseignes donne le ton. C'est désormais l'ère des gens au sang froid, sans émotions ni gênes dont l'image l'emporte sur le fond, un air de déjà vu qu'il est chic d'imiter. Du simple copier-coller.
Par ce raccourci, les idéologues créent des icônes comme références adulées pour imposer leurs marques de fabrique. Telle une force de frappe qui s'empare de nos besoins et libertés par la prise de contrôle totale des masses, la publicité pénètre le quotidien jusqu'à influencer notre intimité. La démarche est systématique, le pas de vis mécanique.
A ce rythme, l'énergie ne suit plus. La rupture guette ! Et quand le drame survient, les conséquences sont tragiques. Après l'accident, c'est le rejet pur et simple. Piètre destin que celui-là ! Plus de vie de couple, la famille éclatée, les enfants délaissés. Quel gâchis !
A quoi bon de s'apitoyer sur son sort ? La lutte est sans merci.
Prisonniers d'un concept de rendement, les femmes et les hommes actuels oublient leur propre fondement, annihilant personnalité et sexualité pour de banales conformités. La perte d'identité en est une des conséquences majeures. A force de jouer le jeu d'autrui, nos gens se détruisent. Naguère, nous avions peu, mais ce que l'on avait, on l'appréciait. Calfeutrés dans de modestes chambres, filles et garçons notaient tout dans des livres de poésie ou journaux intimes car l'évasion passait par quelques notes de délivrance. Un rituel qui fit des merveilles parce que l'espoir d'une vie meilleure leur était encore permis. De nos jours, ce sont des blogs entiers via un lien Internet qui relient les uns aux autres tel un chapelet de litanies tant la mélancolie y est omniprésente. Une véritable complainte sociale.
En substance, malgré des compteurs qui s'affolent, des commentaires à l'emporte-pièce, ce sont des visites éclairs qui ne racontent rien ou si peu. Un jeu de chiffres plutôt que de lettres. Signe révélateur, ce sont principalement des adolescents qui s'y précipitent et quand on y rencontre des adultes, la plupart du temps, ils sont artistes ou ont gardé leur âme d'enfant. Tous y décrivent la dérive des temps modernes. Etonnant, ne trouvez-vous pas ? Et bien, non ! C'est la preuve du manque d'écoute, d'affection et d'humanité de nos sociétés.
Le mal-être qui ronge notre bonheur en assombrit l'avenir.
Je ne prétends pas faire la leçon. Mon humilité me l'interdit. Seul, mon discernement m'autorise à prévenir de certains dangers.
L'½il observateur du gosse devenu écrivain parce qu'instruit par le temps est un atout essentiel pour déceler au travers l'histoire les causes des échecs passés et des risques futurs.
Nos civilisations ne sont qu'une suite de va-et vient entre guerres et paix selon lois et humeurs. Des vagues qui ne noient jamais les gros poissons. De tout temps, ce sont les populations qui ont payé la note. Hélas, il en sera ainsi les siècles à venir.
Qu'on le veuille ou non, la terre tourne.
Aujourd'hui, poussé dans le dos par un gigantesque raz de marée, elle tremble. L'onde de choc est énorme. La mondialisation est à nos portes. A nous, d'en relativiser sa portée.
Le néolibéralisme, s'il est une ouverture, ne l'est que sur le plan économique, puisqu'en libérant les barrières, il crée avant tout une plateforme d'échanges de produits et de travailleurs. Pour le reste, c'est du pis-aller. Derrière cet horizon élargi, la culture et le social d'une part, les droits de l'homme et la défense de la nature d'autre part n'ont guère droit au chapitre. Et pour cause. Tout va trop vite et les choix dictés par le nouvel équilibre géopolitique sont lui-même au diapason du rendement. Le système fonctionne au capital. La monnaie en est d'ailleurs l'unique valeur. Or, l'argent n'a pas d'odeur.
Finis les sentiments ! L'essence même de l'être est ignorée car non spéculative.
Les jeunes n'acquièrent leur indépendance à 18 ans que par l'ouverture d'un compte courant, en dehors de quoi, ils ne sont pas représentatifs sur le marché, leurs pensées et mode de vie n'intéressent que s'ils deviennent consommateurs. Un homme sans domicile n'existe pas aux yeux de l'administration. Les exemples pullulent.
Je ne veux pas polémiquer, ce n'est pas mon propos. Juste rappeler, combien nos choix dépendent d'autres que nous ne cautionnons pas mais qui nous déterminent malgré tout. Il faut en être conscient. Si le ciel est à tout le monde, pas la terre ! La propriété en a fixé les limites. Les frontières, les bornes, la ligne blanche, les interdits sont autant de contraintes sociales nées de la gestion de l'homme pour une gouvernance souvent indigeste parce que fruit d'une autre époque. Les missionnaires d'aujourd'hui sont principalement véhiculés par l'écran dont ils sortent grandis. Des héros virtuels ou des stars surfaites dans des jeux de société grandeur nature qui font illusion. Les sagas télévisées n'ont d'autres buts que d'amadouer les populations. L'univers hollywoodien est surréaliste. Il entretient le rêve éveillé. « La religion est l'opium des peuples » disait Marx, aujourd'hui ce sont les médias qui endorment les consciences.
Evidement, chacun a son avis et c'est heureux ! J'attire toutefois l'attention des jeunes afin qu'ils ne tombent pas dans le piège des moutons de Panurge. Soyez-vous-mêmes.
Cacher sa sensibilité vous fera gagner sûrement en affaires mais pas en amitié car la relation humaine, celle qui parle de tolérance, d'ouverture et d'amour n'a que faire d'un masque de fer. Pour exister, il faut savoir s'affirmer tel que l'on est, ni plus ni moins.
Alors exprimez-vous, réalisez-vous conformément à vos aspirations quelles qu'elles soient pourvu qu'elles soient librement consenties et partagées par celles et ceux qui vous font confiance. Le reste, finalement, importe peu.
@moi, émoi et moi, 3 raisons de croire en toi.

# Posté le mercredi 27 juin 2007 13:43